Le point de vue de Jean-François Tamellini sur l’Europe

« D’une Europe antifasciste aux nationalismes les plus atroces…

L’idée européenne, à la base, c’était de créer les conditions pour ne plus jamais revivre les horreurs de la guerre. Ne plus jamais permettre aux fascistes de prendre le pouvoir, renvoyant l’humanité à sa part la plus sombre, celle d’une bête immonde capable des pires atrocités…

Et donc, l’origine de l’Union Européenne, ce n’est pas le Traité de Rome, comme on le répète souvent. Mais le Traité CECA (Communautés Européennes du Charbon et de l’Acier), signé quelques années plus tôt, en 1952.

A la base, ce Traité visait à empêcher que les deux matériaux de guerre de l’époque, le charbon et l’acier, ne se retrouvent à nouveau dans les mains d’une seule nation. Parce que c’est avec le charbon et l’acier qu’Hitler, avec l’aide de Mussolini, a commis l’irréparable.

Contrôler la production et la vente du charbon et de l’acier et la répartir dans les 6 Etats fondateurs, dont la Belgique, pour que plus jamais une nation ne puisse nous entrainer vers l’horreur.

L’idée de base était bonne. Nos grands-parents ont légitimement cru que cette Union Européenne protégerait leurs enfants et petits-enfants des saloperies de la guerre. Plus jamais çà était le credo !

Alors qu’est ce qui a foiré à ce point pour qu’on se retrouve, nous, les petits-enfants de ceux qui y ont cru, dans une situation où la bête immonde refait surface ?

Qu’est-ce qui a pu se passer pour qu’en arrive à nouveau à entendre dans la bouche de membres de gouvernement des Etats Membres de cette Europe à la base antifasciste qu’il faut « nettoyer » les parcs des migrants, « recenser » certaines catégories de la population pour leur origine ethnique, ou « enfermer des enfants » avec ou sans leurs parents parce qu’ils n’ont pas de papiers…

Si l’idée de base était bonne, elle n’était évidemment qu’un leurre. La droite s’est très vite emparée de l’idée d’une union européenne de la paix pour en faire une union européenne du profit, permettant aux multinationales multinationales de s’en mettre plein les poches.

D’une Union Européenne qui devait empêcher que les deux matériaux de guerre de l’époque ne se retrouvent dans les mains d’une seule nation, on s’est progressivement retrouvé avec une union au sein de laquelle le matériau de guerre par excellence, le capital, a été concentré dans les mains, non plus d’un Etat, mais dans celles d’une poignée de multinationales et d’actionnaires ultra puissants.

Si cette Union Européenne du fric et des inégalités, terreau des nationalistes, a été amenée par la droite, ne nous y trompons pas ; elle n’aurait pas pu se mettre en place sans la complicité d’une sociale démocratie totalement devoyée, contribuant à créer ce monstre. D’abord une Europe financière, ensuite une Europe sociale, nous disaient-ils…
Ces alliances ont contribué à creuser les inégalités, créant un terreau d’insatisfaction profond auprès des travailleurs, opposant les pauvres aux plus pauvres, divisant les travailleurs entre eux, fragilisant les syndicats, anesthésiant les consciences.

Alors quand je lis aujourd’hui que des partis qui se disent de gauche s’allient avec le MR, ceux-là mêmes qui gouvernent avec des fascistes et qui nous ont mené droit dans le gouffre, çà me révolte !

Chaque alliance qui creuse les inégalités nous enfonce un peu plus dans les nationalismes exacerbés.

Besoin plus que jamais d’un front de gauche qui résiste, qui redonne des perspectives d’avenir aux jeunes, qui garantisse la dignité des anciens, qui fasse disparaitre les inégalités de genre et qui replace l’humain au centre du système.

Impossible avec la droite. Jamais!

Alors, la bête immonde n’aura plus rien à se mettre sous la dent et retournera là où est sa place : dans les livres d’histoire aux chapitres « erreurs à ne plus jamais commettre »… »

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